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Interview Le Short · Transmission d’entreprise

Transmission d’entreprise familiale : ces entreprises rentables qui ferment faute de repreneur

Des entreprises qui gagnent de l’argent et qui ferment quand même. C’est le paradoxe que décrit Hervé Lambert, cofondateur de Repriz, qui accompagne les dirigeants dans la reprise et la cession d’entreprise. Dans son interview pour Le Short, il raconte ce qui se joue vraiment au moment de transmettre.

Un « mur invisible » de départs à la retraite

Le point de départ de l’interview est démographique. Une génération entière de chefs d’entreprise arrive à l’âge de la retraite en même temps. Hervé Lambert parle d’un « mur invisible » : selon les estimations qu’il cite, entre 350 000 et 700 000 entreprises devront changer de mains dans les dix prochaines années.

Le problème n’est pas le nombre de dirigeants qui partent. C’est qu’en face, il n’y a pas assez de repreneurs préparés. Résultat : des entreprises rentables, avec des clients et des salariés, ferment simplement parce que personne n’a été prêt à temps pour les reprendre.

« Une boîte qui vaut 15 millions peut se vendre 1 million si personne n’est prêt à payer plus. »

La phrase résume l’enjeu : la valeur d’une entreprise ne dépend pas seulement de ses comptes, mais de l’existence d’un repreneur au moment où le dirigeant veut partir.

Une crise silencieuse pour tout un territoire

Hervé Lambert utilise une expression forte : la « crise silencieuse ». Quand une entreprise disparaît faute de repreneur, ce n’est pas qu’une société qui s’arrête. Ce sont des fournisseurs qui perdent un client, des salariés qui perdent leur emploi, un savoir-faire local qui s’éteint. Et contrairement à une faillite spectaculaire, cela se fait sans bruit.

Pour un territoire comme l’Alsace, riche en PME et en entreprises familiales, l’enjeu est concret : anticiper la transmission, c’est protéger tout un écosystème économique.

La transmission d’entreprise familiale : l’humain avant les chiffres

Le passage le plus marquant de l’interview est une histoire vraie. Dans une entreprise familiale, le fils aîné est prévu pour reprendre. Il a un accident et disparaît. C’est son frère, qui voulait devenir moniteur de ski, qui se retrouve face à la question : « Tu vas reprendre la boîte ? — Ben non. — Ben si. » Il le fait.

Cette histoire illustre ce que les tableaux financiers ne montrent pas. Dans une transmission familiale, il y a :

  • des conflits de fratrie : « Papa t’aime plus que moi, il t’a donné l’entreprise » ;
  • une pression patrimoniale : l’entreprise, c’est aussi l’héritage de la famille ;
  • une question de légitimité : le repreneur doit trouver sa place face aux salariés et au fondateur.

Selon Hervé Lambert, énormément de traumas ressortent à ce moment-là. C’est pourquoi l’accompagnement d’une transmission ne peut pas être uniquement juridique ou comptable : il est aussi humain.

Céder son entreprise : ce qu’il faut retenir

  • Anticiper : la transmission se prépare des années avant le départ, pas quelques mois.
  • Préparer le repreneur autant que l’entreprise : sans repreneur prêt, la valeur s’effondre.
  • Ne pas sous-estimer l’humain : dans une entreprise familiale, les enjeux émotionnels pèsent autant que les enjeux financiers.
  • Se faire accompagner par des spécialistes de la reprise et de la cession, comme Repriz.

Pourquoi cette interview dans Le Short

Le Short est le média de POSTMEN : des interviews longues avec des entrepreneurs et des experts, découpées ensuite en formats courts pour les réseaux sociaux. L’objectif : faire émerger un parcours et une expertise, sans filtre. L’interview d’Hervé Lambert en est un bon exemple : un sujet réputé technique, raconté à travers des histoires qui parlent à tout le monde.

Vous aussi, vous avez une histoire à raconter ?

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